Vent à vélo : à partir de quelle vitesse ça devient dur ?
En dessous de 6 km/h dans l'axe, le vent ne se remarque pas. À 15 km/h de face, il se sent franchement. À 25 km/h, il ne s'agit plus de la même sortie — c'est le seuil où l'on change de parcours plutôt que de serrer les dents.
Les seuils, dans l'axe du parcours
Ce qui compte n'est pas la vitesse du vent annoncée par la météo, mais sa composante dans votre axe de déplacement : un vent de 30 km/h parfaitement de travers coûte beaucoup moins qu'un vent de 18 km/h pile de face.
| Composante dans l'axe | Ce que ça donne |
|---|---|
| plus de 25 km/h de dos | Vent de dos fort — vous volez |
| 15 à 25 de dos | Vent de dos |
| 6 à 15 de dos | Vent de dos faible |
| −6 à +6 | De travers, ou négligeable |
| 6 à 15 de face | Vent de face faible — on le sent |
| 15 à 25 de face | Vent de face — la sortie change de nature |
| plus de 25 de face | Vent de face fort — envisagez un autre tracé |
Pourquoi le vent moyen ne veut rien dire sur une boucle
C'est l'erreur la plus répandue, et elle est mathématique. Sur une boucle, vous avez le vent de face à l'aller et de dos au retour. Si l'on fait la moyenne de la composante signée, les deux s'annulent et le résultat annonce « pas de vent » — alors que vous avez pris 25 km/h dans le nez pendant deux heures.
Le vent de dos ne rembourse jamais le vent de face. Vous passez beaucoup plus de temps dans le sens difficile que dans le sens facile, précisément parce que vous y allez moins vite. Une moyenne honnête ne doit donc compter que les portions de face, et ignorer le crédit du retour.
C'est ce que fait Bulletin : seules les composantes positives — celles qui freinent — entrent dans le calcul, pondérées par la longueur de chaque portion. Au-delà de 18 km/h de face en moyenne, la pénalité de vent est à son maximum ; et les kilomètres passés au-dessus de 20 km/h dans l'axe sont comptés à part, parce que ce sont eux qu'on retient de la journée.
L'heure compte autant que le lieu
Un parcours n'est pas exposé au vent « en général » : il l'est à l'endroit où vous serez, à l'heure où vous y serez. Une brise de mer qui se lève à 14 h ne concerne que ceux qui longent encore la côte à ce moment-là.
D'où une règle simple : échantillonner par temps de parcours, pas par distance. La question n'est jamais « quel vent sur ce kilomètre » mais « quel vent quand j'y serai ». Décaler un départ d'une heure change parfois plus la sortie que changer de tracé — et c'est souvent le geste le moins coûteux.
Combien ça pèse vraiment
Pour situer : dans la note sur 100 de Bulletin, le vent pèse 20 points. C'est moins que l'état du terrain (40 points) et que la pluie (25), mais plus que la température (15).
Avec une exception : quand le vent de face devient vraiment sévère, il ne se contente plus de retirer des points, il plafonne la note à 40. Sans cette règle, un parcours sec et tempéré affichait 89 sur 100 avec du vent de face soutenu — techniquement défendable, humainement faux.
Ce qu'on peut y faire
- Partir face au vent. Le retour se fait fatigué, autant qu'il se fasse poussé.
- Décaler l'heure avant de changer le tracé. Le vent varie beaucoup dans une journée ; deux heures d'écart suffisent souvent.
- Se méfier des lignes droites exposées — plateaux, bords de mer, vallées orientées. Un tracé abrité coupe la composante bien plus efficacement qu'un changement d'allure.
- Ne pas compter sur le retour. Voir plus haut : il ne rembourse pas.
Et sur votre parcours, samedi ? Chargez votre trace GPX : Bulletin calcule la composante du vent kilomètre par kilomètre, à l'heure où vous y passerez, et vous dit où ça va faire mal.
Gratuit, sans compte. Tester sur ma trace